Choisir une liseuse

Mon propos n’est pas ici de vous aider à choisir une liseuse. Je m’apprête plutôt à vous raconter ce qui m’arrive depuis que j’ai choisi une liseuse, ce qui est bien différent. Je suis de ceux qui n’ont touché aux liseuses Kindle, Kobo et autres que depuis quelques années à peine. J’avais déjà tablette électronique et ordinateur, je n’en voyais donc pas l’utilité. Et puis, par curiosité, j’ai commandé la Kindle Voyages. En passant, cet article n’est pas sponsorisé par Kindle, en toute honnêteté je vous le dirais si c’était le cas. Le choix n’a pas été facile d’ailleurs, entre Kobo et Kindle. Ce sont les deux principales marques du domaine selon ce que j’ai pu comprendre. J’ai opté pour Kindle pour le nombre de livres disponibles. Mais peut-être aussi un peu parce que je publie principalement mes livres avec Amazon, qui la fabrique.

Choisir une liseuse n’est pas facile donc, avec tout ce choix de modèles et de tailles.

Voici pourquoi je suis satisfait de ma liseuse.

La lecture est agréable, sans aucune fatigue oculaire même après plusieurs heures. Pourtant, en version papier, sans doute à cause de l’éclairage, je fatigue après deux heures à peine. Autre facteur qui m’a séduit, le poids plume de l’appareil. C’est tout léger, infiniment plus léger que les livres que je tiens en main d’ordinaire. Cela semble insignifiant, j’en conviens, mais c’est un facteur qui compte après quelques heures de lecture. Et puis il y a l’aspect transport de livres. En voyage, c’est parfois un souci. Alors que là, je transporte tous mes livres dans ma liseuse Kindle poids plume. Je parle ici de centaines de livres, pas de quelques-uns ! Un autre point qui peut avoir son importance, l’espace occupé par les livres. Je me souviens du jour où j’ai fait don à une bibliothèque municipale de plusieurs milliers de livres. Ils étaient ravis, vous pensez bien et ma compagne de l’époque l’était plus encore.

Le fait d’avoir avec moi tous mes livres dans ma liseuse me donne aussi une sécurité appréciable. Je peux lire et relire à mon gré et jamais je ne cherche un ouvrage dans la maison. Ils sont là, dans ma liseuse.

Et puis, par un bel après-midi, je peux sortir sur le patio en plein soleil. Je peux y lire un bon livre sans craindre que la lumière trop forte gêne ma lecture. La liseuse s’ajuste et la lecture est tout aussi confortable qu’à l’intérieur. Le soir, si je veux lire au lit, pas de souci, la liseuse me donne l’éclairage dont j’ai besoin. Je ne saurais vous confirmer que toute les liseuses sont ainsi, mais je le présume. Une chose est certaine, choisir une liseuse est plus facile lorsqu’on sait à quoi s’attendre.

liseuse Kindle réputée.
La Kindle, une liseuse réputée.

La durée des piles est exceptionnelle

Le plus beau de tout cela, c’est que la durée de la pile de ces appareils est formidable. J’avais la mienne depuis plus d’une semaine, en usage tous les jours, sans avoir encore à la recharger. Quelle merveille ! Et dire que j’ai hésité à m’en procurer une. Ce qui me faisait hésiter ? J’aime l’odeur du papier, celle de l’encre et la texture des pages entre mes doigts. Le livre papier c’est du concret pour moi, et, franchement, je me disais que rien ne le remplacerait jamais. J’étais à écrire le roman – La lettre d’outre-tombe – lorsque j’ai acquis ma liseuse.

Mais voilà que je me ravise et gravement, dès mes premières heures de lecture. Au point que je n’ai lu que peu de livres papier depuis que j’ai ma liseuse. Je ne les ai d’ailleurs pas appréciés autant qu’auparavant. Je ne peux pas manipuler le livre comme je manipule la liseuse. Par exemple, je ne peux pas le tenir aussi longtemps entre mes doigts sans sentir un certain inconfort. Et je ne peux pas non plus changer de posture aussi aisément qu’avec ma liseuse, à cause de l’éclairage que nécessite le papier. En fait, et c’est peut-être un inconvénient pour certains d’entre nous, je me suis si vite gâté avec la liseuse. Elle m’a fait prendre conscience que le livre papier était moins commode que je l’aurais cru.


Le livre papier c’était du concret pour moi et je me disais que rien ne le remplacerait jamais.

Depuis que j’utilise principalement une liseuse, je me sens un peu balourd lorsque j’ai un livre papier entre les mains. J’ai l’impression que son poids m’agace. Et surtout, et ça c’est un peu étrange, il me semble qu’il me faut davantage de concentration qu’auparavant pour lire sur du papier. C’est fou ! Moi qui ai pourtant lu des milliers de volumes sur papier dans ma vie et toujours avec un vif plaisir ! S’il me fallait à nouveau me choisir une liseuse, je prendrais probablement le modèle un peu plus grand, cependant. Mais j’y perdrais en légèreté, évidemment. Dès mon second roman – Le sixième sens d’Éric – je m’étais épris de ma petite liseuse de 6 pouces. Elle ne me quitterait plus.

J’ai perdu l’odeur de l’encre et du papier, la sensation des pages que je tourne, mais j’ai gagné en confort de lecture comme je ne l’aurais jamais cru possible et j’ai même le dictionnaire intégré. Il est accessible d’un clic lorsque je tombe sur un mot inconnu.

Pierre Roland Mercier, auteur

La liseuse électronique est un outil pour les écrivains.

Voyons maintenant, en tant qu’écrivain, ce que la liseuse me permet de faire. D’abord, je peux tout de suite lire dans ma liseuse un chapitre que je viens juste de terminer. Là, sur-le-champ, en format livre, avec ce feeling particulier que procure la lecture d’un livre terminé, édité. Et ça, c’est ce que j’appelle un privilège, pour un écrivain. Car il est autrement plus efficace, pour analyser un texte encore tout chaud de lui donner la forme et l’apparence qu’il aura en version finale.

Les erreurs nous sautent aux yeux bien plus facilement qu’en effectuant la relecture sur traitement de texte en format lettre ou même sur papier. C’est la méthode que j’ai utilisée pour les romans suivants – Julia et l’enfer dà côtéSarah-Belle et les femmes enferméesLe clavier post-mortem et son tome 2 – Le voyage infernalJeanne et les secrets de son père.

Ceci est peut-être dû simplement au fait que la liseuse offre un format différent de celui dans lequel nous écrivons notre premier jet (c’est ainsi qu’on désigne la toute première version d’un texte de roman). Mais peu importe la raison, c’est le résultat qui compte. En ce qui me concerne, dès que je termine un chapitre, je le transfert dans ma liseuse.

Aussitôt, je le relis comme si j’étais un lecteur et le format que me propose la liseuse m’aide à me sentir dans la peau du lecteur et non dans celle de l’auteur. Le texte m’apparaît tel que les lecteurs le verront. C’est donc encore plus facile d’y croire. Je suis mieux en mesure de percevoir le lien intime qui se tisse entre les mots, les phrases et le lecteur. Bref, je gagne du temps et je perfectionne mon premier jet, de sorte que les corrections en sont simplifiées.

C’est un peu comme si je pouvais tout de suite faire imprimer sous la forme d’un livre chacun de mes chapitres, et les passer au peigne fin dans leur apparence finale.

Écrire un roman en utilisant une liseuse pour faire la correction des textes.

Parfois, un paragraphe pose un problème de construction particulier. Quelque chose ne va pas, mais il est difficile de mettre le doigt dessus dans le format lettre du premier jet. En le lisant dans une liseuse électronique, les erreurs se détectent plus aisément pour les raisons énoncées plus haut. Sans la mise en forme de la liseuse, il me fallait souvent mettre de côté ces passages problématiques durant quelques jours avant d’y revenir, ceci pour mieux m’en distancer. Et justement, c’est peut-être le principal avantage de la liseuse, pour un écrivain, que celui de fournir un contact réaliste avec le texte à peine rédigé.

L’écrivain envoi ses textes sur sa liseuse de correction par mail.

Le fabriquant de la liseuse nous remet une adresse mail avec chaque appareil. Ce qui nous permet de faire parvenir à cette adresse des documents qui se retrouvent aussitôt dans la liseuse.

N’est-ce pas merveilleux ? Cela signifie que je peux faire parvenir un texte traitant d’un sujet qui m’intéresse à ma liseuse qui me l’affichera proprement. Par exemple, tous les textes en format .pdf son ainsi lisibles sans problème.

Choisir une liseuse pour la lecture des textes en format .PDF est aussi une bonne idée. Ce format est justement basé sur la portabilité des textes et il prend vraiment tout son sens, avec une liseuse.

Des changement technologiques qui touchent les écrivains et leur manière d’écrire des livres.

L’apparition des liseuses me rappelle l’arrivée des ordinateurs. Je me souviens du Salon du livre de Montréal où on avait réuni un groupe de 8 écrivains autour d’une table pour sonder les opinions face à l’arrivée, à l’époque, des ordinateurs dans le monde littéraire. Sauf un, tous les auteurs en présence disaient haut et fort : « L’ordinateur pour écrire mes livres, moi jamais. » Ils précisaient, et avec émotion, que l’odeur de l’encre, celle du papier, le bruit de la frappe de la dactylo, tout ça leur était fondamental et absolument indissociable de l’écriture. Les avantages de l’ordinateur, tels déplacer des lignes, voire des chapitres entiers en quelques secondes plutôt que d’avoir à réécrire une page, leur paraissaient dérisoires. À les entendre, l’ordinateur était une mode passagère, mais surtout les auteurs, les vrais, ne s’y laisseraient pas prendre et conserveraient leur bonne vieille machine à écrire.

Presque dix ans plus tard, j’assistai à un autre salon du livre proposant une table ronde sur l’usage de l’ordinateur dans l’écriture. Autour de la table se trouvaient presque les mêmes auteurs qui avaient déclaré rejeter l’ordinateur pour leur travail d’écriture des années plus tôt. Évidemment, leurs propos étaient cette fois diamétralement opposés. Tous, sauf un encore une fois, étaient passés à l’ordinateur et ne juraient plus que par lui. Quant au résistant, il répétait qu’il avait besoin de l’odeur du papier et du bruit de la frappe pour trouver son inspiration. Parions qu’il a fini par s’adapter.

Conclusion, on y arrivera tous, qu’on le veuille ou non, à lire essentiellement sur des supports technologiques.

Personnellement, j’aurai résisté quelques temps avant d’introduire une liseuse dans ma vie. Mais qu’on ne me demande pas de revenir au livre papier, je n’y suis pas intéressé. Bien entendu, il arrive qu’un livre ne soit disponible que sur papier. Dans ces cas-là, je fais un effort, mais j’ai un peu l’impression de régresser.

Je voudrais mentionner en terminant que je trouve aberrant qu’on s’identifie parfois à nos choix technologiques. J’avais été sidéré d’entendre ses auteurs dirent ouvertement que les VRAIS auteurs n’auront pas recours à l’ordinateur. Et aujourd’hui, il m’arrive d’entendre des gens dire que les VRAIS lecteurs ne lisent que sur du papier.

C’est la nature humaine qui veut cela, je présume ! Si vous vous demandez comment choisir votre première liseuse, je vous conseille de consulter les modèles en vente et de vous référer aux commentaires des acheteurs. Ils sont nombreux à laisser quelques mots sur les sites de vente.

Bonne lecture…

Pierre Roland Mercier