La fenêtre éphémère

La fenêtre éphémère
Janvier 2021

Résumé – Une nuit, Bertrand découvre qu’une bien étrange petite fenêtre apparait furtivement dans sa nouvelle maison. Il peut brièvement y voir un paysage magnifique et y entendre des voix d’enfants qui s’amusent au loin. Intrigué, il se met à faire des recherches sur cette demeure centenaire. C’est ainsi qu’il apprend que deux de ses occupants ont disparu au cours des années. S’amorce alors une enquête personnelle qui le conduira à un journal intime dissimulé dans un mur. Bertrand y découvrira que les deux disparus se sont glissés par la petite fenêtre furtive et que cette fenêtre mènerait au paradis ! Il n’y avait qu’une seule manière pour lui d’en avoir le cœur net, s’y glisser à son tour. Il s’agit ici du douzième roman de l’auteur.

Chapitre 1

Bertrand Racicot venait d’avoir 40 ans. Il débutait tout juste une année sabbatique longuement attendue et venait de faire l’acquisition d’une vieille maison située sur une colline, dans un quartier calme de la ville. Depuis une bonne dizaine d’années déjà il s’était mis en tête de faire une longue pause dans son métier d’ingénieur, de s’enfermer dans un lieu inspirant et d’y écrire un roman, son tout premier.

Une semaine après avoir emménagé, il est réveillé en pleine nuit par une odeur de blé mûr qui envahit sa chambre dans la lumière tamisée de la pleine lune. Se croyant d’abord en plein rêve, il n’y porte que peu d’attention, mais, petit à petit, des voix d’enfants et le bruit d’un ballon qu’on attrape joyeusement se font entendre.

Intrigué, il s’assied dans son lit et regarde attentivement autour de lui, tendant l’oreille. S’ajoute petit à petit ce qui lui semble être le bruit du vent soufflant dans des herbes hautes. Soudain, des traits de lumière apparaissent au bas du mur donnant sur l’extérieur de la maison.

— Bon sang, mais qu’est-ce qui se passe dehors ? fit-il en sautant de son lit pour aller tirer les rideaux.

Là, dehors, c’était pourtant le calme le plus complet. Se retournant vers l’intérieur de sa chambre, il constata qu’une lumière vive jaillissait bel et bien du bas du mur. Elle lui semblait passer entre les planches de lambris de la finition. Il se mit à genoux et glissa un œil entre ces planches. C’est alors qu’il vit la chose la plus incroyable de son existence !

Il s’y trouvait une ouverture ressemblant à une petite fenêtre dans laquelle il pouvait voir des champs de blé mûr à perte de vue. Ce paysage était absolument magnifique.

— Voilà donc d’où viendrait cette bonne odeur, dit-il en détaillant ce qui se trouvait sous ses yeux.

Sur la droite de ce paysage surprenant, il remarqua des maisons colorées juchées sur une colline. De là semblaient provenir les voix des enfants jouant au ballon. Curieusement, tout était baigné d’un soleil magnifique, un soleil qui n’avait rien en commun avec l’heure tardive et encore moins avec la saison automnale actuelle. Incrédule, Bertrand resta immobile à contempler l’étrange scène, la tête remplie de mille questions. Soudain, en silence et d’un seul coup, la petite fenêtre disparut.

Décontenancé, Bertrand se retrouva assis sur le plancher en face de l’endroit où était apparu le bref phénomène. Un phénomène, il le savait d’emblée, dont il ne pourrait jamais parler à qui que ce soit. Sa formation et sa profession d’ingénieur des années 2000 lui imposaient dans la vie de ne considérer que ce qui s’analyse, se mesure et se comprend. À première vue, ce qui venait de se passer ne correspondait à aucun de ces critères.

*****

Le lendemain matin, Bertrand s’installe devant un des ordinateurs de la bibliothèque municipale afin de fouiller les archives locales au sujet de sa demeure. Comme elle est centenaire et qu’elle a appartenu à des gens richissimes, se dit-il, on doit bien en avoir parlé de temps à autre dans les journaux de la région.

L’étrange apparition de la nuit dernière le hantait, ce qui n’était pas facile à admettre pour un esprit cartésien comme le sien. Pour la toute première fois de sa vie, il devait faire face à l’inexplicable.

Un peu plus tôt, alors qu’il prenait son petit déjeuner, la possibilité que sa maison ait été construite sur une sorte de passage menant étrangement à un autre lieu l’avait traversée. Mais il avait trouvé cette perspective aussi ridicule qu’enfantine et s’était interdit d’y penser. Dans une seconde théorie spontanée, la petite fenêtre était le fruit d’une illusion causée par des champignons microscopiques qui se seraient développés à l’intérieur des murs humides de la maison. Cette idée aussi lui parut tout aussi idiote, compte tenu de l’état de conservation exceptionnel des lieux et de l’absence évidente d’humidité.

Scrutant les archives, il trouva un premier article d’un journal local qui parlait d’une réception mondaine à l’occasion d’une pendaison de crémaillère. La demeure était alors surnommée « Le petit château de la colline ». Le texte datait de plus de 90 ans et rien de particulier ne s’y trouvait. Bertrand s’attarda longuement à la photographie noir et blanc de la maison, alors fraichement construite. Des notables en tenu d’époque s’alignaient fièrement pour la prise de la photo. La photographie, alors naissante, était déjà en soit un évènement, songea Bertrand, les yeux rivés sur l’énorme maison devenue sienne.

Pour une bouchée de pain, il avait acquis cette grande et riche demeure désormais connue sous le nom de la maison des Truffaut. Une banque l’avait saisie l’an dernier et la transaction avait été compliquée par le fait que l’ancien propriétaire était maintenant un patient de l’hôpital psychiatrique de la ville.

S’il s’était agi d’une succession, tout aurait été réglé en quelques semaines à peine, lui avait expliqué le banquier, craignant de voir son acheteur s’impatienter et renoncer. Mais Bertrand y tenait déjà à sa vieille demeure de la colline entourée de pommiers, dont certains semblaient presque aussi âgés qu’elle.

Ce n’est que lorsque la transaction fut enfin conclue qu’il invita sa mère, Hortense, à découvrir sa nouvelle acquisition. Veuve de longue date, elle s’était sentie blessée de ne pas avoir été consultée par son unique fils, surtout pour un pareil projet. Se retrouver devant le fait accompli l’avait heurtée.

Malgré l’insistance polie de Bertrand, elle refusa de sortir de sa voiture en arrivant devant la maison. Elle décréta sans hésiter que cette énormité allait couter une fortune en taxes de toutes sortes.

— Ce n’est pas un achat, avait-elle ajouté avec découragement, c’est une folie qui va causer ta ruine, mon fils. Et elle avait ajouté encore :

— Sans compter qu’elle est surement remplie de toiles d’araignées !

Bertrand dut déployer tout son charme filial pour la convaincre de dominer ses appréhensions et faire une visite de l’endroit.

— Tu as vu cette énorme porte ! fit Hortense en arrivant finalement devant l’entrée. À elle seule, elle me fait frémir. Je te préviens qu’aucune femme n’acceptera jamais de la franchir, Bertrand. On dirait un décor de film d’horreur. Il y aurait des corps enterrés dans la cave que je ne serais même pas surprise.

— Tu sais bien que je suis un solitaire, maman. Et puis nous en avons déjà souvent parlé… je ne crois ni au couple ni à l’amour, alors ce que les femmes penseront de cet endroit c’est le cadet de mes soucis.

— Nous en avons parlé, en effet. Tu me l’as répété « ad nauseam » comme disait ton instruit de père. D’ailleurs, tu es bien son fils avec de pareilles idées de grandeur. Tu sais que, dans l’intimité, il me disait que nous étions de grands amis, lui et moi. Tu t’imagines un peu… après toutes ces années de vie commune, pour lui nous n’étions que de grands amis. Je te le dis, moi, c’était un authentique sans cœur ! C’en est même étonnant qu’il ait pu mourir d’une crise cardiaque. Mais bon, je ne suis pas venue ici pour parler de mes vieilles rancœurs. Ouvre cette porte que je visite ton musée des horreurs au plus vite. J’irai ensuite faire des courses pour mieux chasser cet endroit de mes pensées.

Bertrand avait appris à ne pas tenir compte des commentaires acides de sa mère. Elle avait 78 printemps bien comptés, souffrait de rhumatisme et devenait chaque année un peu plus acariâtre. Mais grâce à l’assurance vie que son sans cœur de mari avait cru bon de souscrire, elle vivait confortablement dans une maison de luxe pour retraités. Ce qui avait cru remarquer Bertrand, avait contribué tout récemment à lui donner le gout de choses dont elle n’avait pas toujours les moyens. Sur le pas de la porte de cette grande demeure, il la soupçonna d’être un peu envieuse.

— Attends de voir l’intérieur, maman, fit-il en ouvrant la lourde porte de bois sculpté.

Comme il l’escomptait, Hortense écarquilla les yeux en disant :

— Bon sang, mais c’est absolument magnifique, mon Bertrand ! fit-elle d’une voix soudainement mielleuse tout en parcourant du regard le grand salon et son large escalier de noyer conduisant à l’étage. Pendant que son fils refermait, elle s’empressa de faire quelques pas dans la pièce.

Sur les murs, de grands tableaux du début du siècle précédent se trouvaient accrochés. Ils devaient avoir été scrupuleusement couverts et protégés, déclara-t-elle, car leurs couleurs demeuraient aussi riches que vives. C’est comme s’ils arrivaient de l’atelier du peintre, souligna-t-elle également.

L’un des tableaux représentait un couple bras dessus bras dessous. Un autre montrait une scène de chasse aux faisans. Un troisième proposait un grand chien blanc allongé devant une table couverte de victuailles. Ce dernier tableau se trouvait suspendu au-dessus de l’âtre du foyer, un âtre qui faisait bien trois mètres de largeur.

— Je savais que ça te plairait. Et tu as vu ces parquets de chêne, dit Bertrand en faisant quelques pas avec elle dans le salon. Ils sont toujours parfaitement droits et cirés. Et regarde les murs, le papier peint est encore en très bon état. Étonnant non, pour une maison de cet âge.

— Elle a certainement été rénovée récemment, grand saut. Sinon comment expliquer que tout soit si parfait. Et puis, regarde, bien que les couleurs soient les mêmes, le papier peint des murs qui donnent sur l’extérieur est d’un motif différent de celui appliqué sur les murs intérieurs. C’est un peu curieux ! C’est comme s’ils avaient été construits à des époques distinctes. Toutefois… c’est de toute évidence une maison de prestige, Bertrand, ajouta sa mère en faisant glisser ses doigts sur les boiseries sculptées d’une des fenêtres du salon.

Mais son fils ne voyait dans ce salon cossu, ce formidable escalier central, ce superbe foyer… qu’un majestueux décor. Celui de l’écrivain qu’il rêvait de devenir en secret depuis l’adolescence. Par crainte de la réaction de ses parents, et surtout de celle de son père, il s’était plutôt lancé dans une formation d’ingénieur. Un métier prenant qui l’avait conduit à la quarantaine sans vraiment lui laisser le temps de vivre, estimait-il. Hormis quelques rares essais littéraires restés au fond de ses tiroirs, son rêve d’écrire n’avait jamais pu se transformer en réalité. Sa carrière étant maintenant bien établie, disposant d’une autonomie financière enviable, il sentait que l’heure d’écrire était enfin arrivée.

À la découverte de cette propriété sur le Web, dans les annonces répétées que le banquier s’acharnait à publier pour s’en débarrasser au plus vite, il avait vu l’endroit rêvé pour devenir celui qu’on appellerait dans son imaginaire : « L’écrivain de la maison sur la colline. »

Sa mère visita de la cave au grenier, s’extasiant devant les cloisons, les lustres, les boiseries, les parquets, les plafonds, les penderies, bref de tout ce qui faisait de cette maison un vestige étonnamment bien conservé d’un passé prestigieux. Toutefois, en partant, elle avait cru bon d’insister sur le fait qu’elle ne pourrait pas l’aider à faire face aux dépenses qu’un si bel endroit supposait.

Il aurait aimé pouvoir lui répondre qu’il avait un objectif bien précis en faisant cette surprenante acquisition, mais il savait qu’elle ne comprendrait pas et surtout, qu’elle désapprouverait.

*****

Les jours passaient et Bertrand demeurait préoccupé par ce qu’il avait vu en pleine nuit. D’ailleurs, il dormait bien plus difficilement qu’auparavant, se réveillant au moindre craquement. Il lui arrivait de s’assoir d’un coup dans son lit pour observer et écouter. Chaque fois, c’était la même chose. Rien ne se passait et il se recouchait la tête remplie de questions, doutant même de n’avoir jamais vu ces choses étranges au bas de son mur.

Un matin, alors qu’il poursuivait sa consultation des archives des journaux à la bibliothèque municipale, un gros titre attira son attention : « Le jeune Truffaut est retrouvé ». L’article expliquait que Gaétan Truffaut, fils du couple Truffaut habitant la maison sur la colline venait de rentrer chez lui après trois longues années d’une absence inexpliquée. Une visite médicale avait conclu que le garçon de 21 ans était en parfaite santé. Aucun des membres de la famille n’ayant souhaité répondre aux questions des journalistes, un certain mystère planait sur cette affaire, estima Bertrand. Il fit évidemment le lien entre le nom du fils prodigue et le dernier propriétaire de la maison, dont le nom apparaissait en toutes lettres sur les documents de la banque, lors de la transaction.

Un coup de fil au banquier lui confirma que Gaétan Truffaut était bel et bien le tout dernier membre en vie et héritier de la famille Truffaut, et qu’il le trouverait à l’hôpital psychiatrique. Le banquier lui expliqua du même souffle que la fortune familiale étant arrivée à sa fin, il n’avait eu d’autres choix que de saisir la maison pour la vendre.

Chapitre 2

De sa vie, Bertrand n’avait jamais mis les pieds dans un hôpital psychiatrique. L’endroit était propre, immense et, comme il s’y attendait, très calme. Les murs étaient tantôt beige tantôt blanc. Le personnel l’avait accueilli avec gentillesse. Du fait qu’aucun lien de parenté ne le liait au patient qu’il souhaitait rencontrer, la préposée s’étonna de sa demande. Elle dut consulter sa supérieure, qui l’autorisa en apprenant que le visiteur habitait l’ancienne demeure du patient. Bertrand fut conduit dans une petite pièce de 4 mètres sur 5, comptant quelques chaises et une petite table. Il consulta les dernières infos sur son téléphone portable, puis la porte s’ouvrit. Une infirmière le salua tout en poussant délicatement un fauteuil roulant dans laquelle se trouvait un vieil homme qui gardait les yeux rivés au sol.

Bertrand la remercia.

— Ce n’est rien, fit-elle en souriant. Je suis bien contente pour Gaétan, vous savez. Vous êtes son tout premier visiteur depuis des dizaines d’années. Peut-être arriverez-vous à en tirer quelque chose, sait-on jamais ? Ne vous attendez pas à des miracles, cependant. Je préfère vous en prévenir.

— Que voulez-vous dire ? Il ne parle plus ?

— Pour parler, il parle, mais il répète la même chose depuis toujours. Vous verrez par vous-même assez vite, croyez-moi, cher monsieur. Je dois maintenant vous laisser, tous les deux, j’ai encore pas mal de choses à faire. L’heure des repas arrive toujours trop vite dans un hôpital, conclut-elle avant de refermer la porte en souriant.

Le vieil homme n’avait toujours pas quitté le sol des yeux. Son visage était émacié, son teint pâle, son crâne pratiquement chauve. Il portait un pyjama brun duquel émergeaient deux grandes mains aux doigts longs. Bertrand se dit qu’il aurait pu être pianiste avec des doigts pareils. Puis il se demanda par où il devait débuter pour ne pas provoquer une suite d’incohérences chez ce patient. Allait-il se présenter, tout simplement ? Ce serait inutile dans le cas où l’homme n’avait plus qu’un contact restreint avec la réalité. Alors lui vint une idée…

— Je vis dans votre ancienne maison, Gaétan. La maison Truffaut, celle entourée de ces jolis pommiers, sur la colline.

L’homme ne broncha pas.

— Je suis écrivain, enfin je le deviendrai sous peu, et je la trouve magnifique. J’en prendrai grand soin, je vous le promets. J’ai beaucoup de respect pour ces anciennes demeures.

Conservant la tête basse, le regard au sol, le patient n’avait toujours pas réagi.

— J’ai trouvé un article de journal l’autre jour, dans les archives de la bibliothèque de la ville. On y parlait de votre disparition pendant trois longues années et de votre retour soudain, sans la moindre explication. J’ai trouvé ça intrigant, alors me voici devant vous afin d’essayer de comprendre. Par simple curiosité, je vous l’avoue.

Cette fois, Bertrand avait cru voir un subtil sourcillement chez le vieillard. Encouragé, il poursuivit en se disant qu’il devait jouer le tout pour le tout :

— Si vous voulez mon avis, il y a quelque chose d’étrange dans cette maison. J’y habite depuis peu c’est vrai, et pourtant, une nuit j’ai vu quelque chose dans un mur…

Sans quitter le sol du regard, le vieil homme souleva la main droite et fit un geste aérien en disant :

— La petite fenêtre vole et vole encore. La petite fenêtre vole vers le paradis.

Surpris, Bertrand se tut. Ce ne pouvait être une coïncidence. Était-ce là ces mots qu’il répétait depuis des années ?

Soudain, l’homme souleva enfin les yeux et les plongea dans ceux de son visiteur. Puis il jeta un bref coup d’œil en direction de la porte pour s’assurer qu’elle était bien fermée et se mit à chuchoter :

— J’ai passé ma vie dans cet hôpital. Tout ça parce qu’il a refusé de me croire !

— Bon sang, mais vous pouvez parler normalement ? s’étonna Bertrand, trop heureux de voir l’homme s’animer de la sorte.

— Il y a des années que ma médication a été allégée et que j’ai toute ma tête, du moins ce qui m’en reste, ajouta-t-il en souriant.

— Mais pourquoi ne pas le leur avoir dit pour ensuite rentrer chez vous, M. Truffaut ?

— C’est ici chez moi, mon garçon. Même si pendant bien longtemps j’ai tenté de les convaincre, tout comme mon propre père, personne n’a cru ce que je racontais. Et puis, à cause des médicaments et des électrochocs d’autrefois, j’ai perdu mes jambes. Je ne pourrais plus aller bien loin de toute manière. Pour rassurer mes soignants, je joue un peu les fous et, en échange, ils me fournissent gite et couvert.

— Je suis désolé pour vous, croyez-le bien, Gaétan. Mais pour quelle raison vous a-t-on au départ enfermé dans cet hôpital ?

— Séverin Truffaut, deuxième du nom, comme on disait à l’époque, mon paternel, n’a jamais cru ma mère lorsqu’elle lui a raconté qu’elle avait vu, une nuit, une petite fenêtre apparaitre dans un des murs du salon, juste un peu au-dessus du sol. Au petit matin, je passais près de la porte de la chambre de mes parents alors qu’elle lui racontait ce qu’elle avait vu. Elle décrivait des champs à perte de vue, mais aussi des maisons sur une colline et des bruits d’enfants qui s’amusaient avec un ballon.

Bertrand sentit un long frisson lui parcourir l’échine. La description correspondait mot pour mot à ce qu’il avait cru voir l’autre nuit. Comment une chose pareille était-elle possible ? Il réalisa soudainement qu’il regrettait presque d’apprendre qu’il n’était pas le seul à avoir été témoin de cet étrange phénomène. L’affaire prenait tout à coup une tout autre dimension et, pour un ingénieur de métier, ce genre de situation ne pouvait tout simplement pas exister.

En épiant la réaction de son visiteur, le visage de Gaétan Truffaut changea brusquement, comme s’il venait de réaliser quelque chose qui lui fit plaisir. Il s’adossa à son fauteuil roulant et ajouta :

— Mon Dieu… je comprends maintenant pourquoi vous êtes ici. Vous l’avez vu vous aussi cette petite fenêtre ! fit-il en retenant de son mieux une poussée d’enthousiasme évidente.

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